Echange avec Lucas Lefebvre, co-fondateur de La Fourche

 

Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Lucas Lefebvre, l’un des fondateurs de La Fourche, un distributeur de produits bio en ligne.

 

 

Peux-tu nous raconter ton parcours et comment en es-tu arrivé à créer La Fourche ?

 

J’ai lancé La Fourche avec deux amis. Nous sommes partis de deux constats. D’une part, il y a un vrai problème d’accessibilité sur les produits bio et eco responsables. Nous étions des consommateurs de bio mais nous n’arrivions pas à passer toute notre consommation en bio. Nous nous demandions comment faisaient les familles nombreuses. D’où la logique d’adhésion que nous avons mise en place afin d’avoir des produits 50% moins cher. En moyenne, nos adhérents économisent 250€ par an.

 

D’autre part, nous voulons créer un mouvement de consommation positive, responsable et en cohérence avec les évolutions de la société. Chaque achat est un acte de vote et les gens ont le pouvoir de façonner une société plus durable en consommant des marques engagées.

 

Quel est votre lien avec l’alimentation et la nutrition ?

 

Je viens du sud et ma famille est corse. Quand je suis arrivé à Paris, j’ai été déconnecté des bons produits.

 

Cela fait 6 ans que je ne mange que du bio et plus de 10 ans que je fais partie d’une AMAP (Association Favorable au Maintien d’une Agriculture Paysanne permettant de lier un producteur à un petit groupe de consommateurs).

 

Et une journée dans ton assiette, ça donne quoi ?

 

Je fais 2 repas par jour. Pendant l’été, je mange beaucoup de salades de tomates agrémentées de produits de La Fourche (mais, pois chiches, petits artichauts, poivrons…). J’ajoute beaucoup de graines pour les protéines et toujours un peu de raisin sec. Le soir, j’aime cuisiner de belles poêlées de légumes.

 

Une recette à nous conseiller ?

 

J’adore la sauce aigre douce pour assaisonner mes poêlées de légumes. La recette est simple : de la tomate fraiche, du concentré, un peu de sauce soja, du vinaigre de riz, de l’huile de sésame que l’on fait revenir avec de l’ail et du gingembre. Enfin, il faut ajouter du sucre et du piment. A utiliser avec n’importe quelle poêlée !

 

 

Selon toi, l’avenir de l’alimentation se fait sur internet ?

 

Nous pensons que l’avenir de l’alimentation sèche se fait sur internet tandis que l’alimentation fraîche se fait chez les producteurs locaux. En effet, le sec nécessite un marché national pour être rentabilisé. Les produits secs à prix abordable sont de toute façon amenés à voyager partout en France. L’utopie du local avec les produits d’entretien, les conserves, produits bébé etc.… n’est pas possible. On peut trouver des commerçants qui ont des produits secs locaux mais il ne sera pas possible de faire toutes ses courses. Chez La Fourche, nous avons pris le parti de ne pas proposer de produits frais. D’ailleurs, avec les économies réalisées grâce à l’adhésion, nous incitons à dépenser davantage chez les maraichers, les fromagers et producteurs locaux…

 

 

Vous allez prochainement lancer une marque La Fourche ? Pourquoi ?

 

Tout d’abord, nous pensons qu’il y a un véritable travail de transparence et de sensibilisation sur les sujets de prix. Nous avons mis en place un questionnaire qui fait varier le prix et l’impact carbone en fonction des choix des consommateurs.

 

L’objectif est de co-créer nos produits avec les adhérents. Nous voulons donner la main aux consommateurs et ajouter cette dimension environnementale qui a notamment été ajoutée dans la convention pour le climat récemment.

 

Nous pensons que le système ne peut pas fonctionner tant que nous n’avons pas pris en compte les externalités négatives dans le prix des produits. En appliquant les véritables prix, les consommateurs se dirigeront naturellement vers les produits les moins polluants.

 

Parle nous de ton expérience et de ton métier d’entrepreneur ?

 

Je pense qu’il y a différents types de personnalités. Certains sont faits pour ça, d’autres non. Je devais avoir 12 ans la première fois que je voulais entreprendre.

 

Je suis content et cela me correspond. Avec mes associés, ça se passe bien. C’est très dur. Il faut encourager les gens à se lancer car c’est enrichissant mais il ne faut omettre la difficulté du travail d’entrepreneur. Ça nous fait apprendre sur la vie et sur soi-même.

 

Quelles sont tes inspirations ?

 

J’aime beaucoup Aurélien Barreau qui s’intéresse de plus en plus à l’écologie. Il est d’une intelligence impressionnante et d’une éthique sans faille.

 

En termes de projets, j’aime beaucoup Yuka. C’est ce genre d’initiatives qui peut avoir un impact phénoménal. Les industriels s’intéressent à la nutrition grâce à Yuka.

 


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