A quand une régulation du terme « peut contenir » ?

 

Quiconque achète des aliments préemballés a déjà aperçu la mention « peut contenir ». Sans être allergique ou intolérant, cette mention n’échappe à personne.

 

Tout d’abord, rappelons la réglementation en vigueur : le Règlement n°1169/2011 dit INCO. Depuis le 13 décembre 2014, les allergènes à déclaration obligatoire (ADO) dans les produits préemballés doivent être mis en évidence dans la liste des ingrédients, par l’utilisation de caractères gras ou italiques par exemple.

 

La mention « peut contenir » n’est quant à elle pas obligatoire. Son étiquetage permet de protéger les industriels de tout litige éventuel en cas de survenue d’allergies du consommateur. Le risque réel de contamination n’est pas évaluable et très difficile à interpréter pour le consommateur.

 

C’est un enjeu réel : des millions de consommateurs dans le monde souffrent d’allergies alimentaires et sont donc confrontés à cet étiquetage. A cause de lui, les consommateurs allergiques ont des choix très limités et ne peuvent pas consommer une grande partie des produits agroalimentaires.

 

 

De nombreuses marquent tentent de répondre à ce besoin.

 

Par exemple, la marque Ferrero sépare ses lignes de production : Kinder Country ne contient aucune trace de fruits à coque ou d’arachides.

 

Matatie propose des goûters à destination des enfants sans aucune trace d’allergène.

 

A l’avenir, il est fort probable que de nombreuses marques se positionnent sur un segment « sans allergène » et proposent des produits sans aucun risque de traces.

 

En Nouvelle Zélande et en Australie, Adrian Rogers a lancé le programme « Voluntary Incidental Trace Allergen Labelling (VITAL) » qui en français pourrait être traduit par « Programme volontaire des traces accidentelles d’allergènes ».  Ce programme vise à garantir que les aliments fabriqués conviennent aux consommateurs allergiques en fournissant des critères d’étiquetage de précaution.

 

Ainsi, le programme VITAL s’appuie sur des travaux scientifiques solides. Pour chaque allergène, une quantité de protéines entrainant une réaction allergique a été définie :

 

 

Extrait du tableau VITAL

 

Ainsi, les risques ont été évalués allergène par allergène.

 

Dans le cas de la cacahuète par exemple, la quantité de 0,2 mg de protéine n’est susceptible d’entrainer une réaction allergique que chez 1% des personnes les plus sensibles de la population allergique à l’arachide, c’est-à-dire ayant le seuil réactogène le plus bas.

 

Ce travail extrêmement précis pourrait permettre aux allergiques d’avoir accès à un plus grand nombre de produits alimentaires sans risque, dès lors que la quantité d’allergène serait déterminée dans le produit d’une part, et que le seuil réactogène de l’allergie pour un patient donné serait connu d’autre part.

 

Le sujet est donc complexe. Même si les industriels indiquaient la dose exacte de traces d’allergènes dans un produit, il faudrait également que la personne allergique fasse un test de provocation orale pour s’assurer que cette dose ne provoque pas une allergie.

 

De plus, il conviendrait que chaque allergique évalue la dose cumulative d’un allergène prise au cours de l’ingestion en même temps de plusieurs aliments contenant des traces de cet allergène, et en tienne compte en fonction de son seuil de risque individuel.

 

La notion de traces ne peut donc pas être envisagée de manière absolue pour tous les allergènes et pour tous les allergiques.

 

Toutefois, la mise en place du dosage exact de traces serait une avancée considérable en termes de transparence. Cela pourrait représenter également une opportunité pour les industriels d’acquérir une nouvelle clientèle.

 

On lance une bouteille à la mer à destination des industriels de l’agroalimentaire…

 


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